Assemblée Générale du 13 juin 2018

Rapport Moral de l’Association pour l’exercice 2017

Chers adhérents,
chers salariés,
chers bénévoles et chers amis,
au nom du conseil d’administration, je vous souhaite la bienvenue dans cette assemblée générale 2018.
Permettez-moi de saluer la présence des représentants des services de l’Etat et des collectivités territoriales, des fédérations, fondations et associations amies et des sociétés partenaires. Leur présence à nos côtés aujourd’hui mais surtout tout au long de l’année est indispensable pour nous permettre d’accomplir notre mission d’aide aux personnes en grande difficulté. Nous les remercions pour la confiance qu’elles nous accordent et que bénévoles et salariés de l’association s’attachent à mériter.

Nous sommes heureux de constater que le bilan de l’année 2017 est positif à tous les points de vue. Pourtant les défis, les innovations et les difficultés n’ont pas manqué.

Une année d’élections et de changements

Ce fut d’abord une année d’élections, d’abord pour la France mais aussi plus modestement, pour notre association. Si je voulais faire un rapprochement osé, je dirais : La France a changé de Président, le Diaconat aussi.

Françoise Escalettes qui présidait notre conseil a demandé lors de l’assemblée générale 2017 de mettre fin au mandat qu’elle exerçait depuis cinq ans. Au nom du conseil d’administration, des salariés et bénévoles de l’association et des personnes accueillies, je remercie Françoise pour la façon dont elle a présidé ce conseil. J’ai pu apprécier la force de son engagement, son sens politique, sa lucidité et sa très grande générosité. C’est sous son mandat que le Diaconat a connu sa plus forte croissance. Elle est pour moi un exemple et je me réjouis qu’elle ait souhaité rester au sein du bureau de l’association. Françoise, nous avons toujours besoin de toi et je suis particulièrement honoré de te succéder.

En cette année 2017, les Français ont été appelés aux urnes et semblent avoir écarté les idéologies extrêmes et choisi le renouveau du personnel politique et un certain pragmatisme. Les associations et fédérations qui œuvrent dans l’aide aux personnes en difficulté ont toutefois très mal ressenti les premières mesures qui ont été prises et qui ont touché directement leurs activités : d’une part, la réduction des aides au logement et des contrats aidés et d’autre part les mesures qui pouvaient compromettre l’accueil inconditionnel dans les établissements d’hébergement.
En cette occasion, nous avons pu apprécier le travail des deux fédérations nationales auxquelles nous adhérons : La fédération de l’entr’aide protestante (FEP) et la fédération des acteurs de la solidarité (ex FNARS) ont en effet tout de suite réagi avec pertinence pour, à la fois, contester au plus haut niveau, les aspects les plus inadmissibles de la circulaire Collomb et pour élaborer des conduites à tenir qui ont pu être diffusées dans tous les établissements recevant des étrangers afin de ne pas ruiner la confiance indispensable qui s’établit avec les personnes accueillies et qui est la condition première de la réussite de notre travail de réinsertion sociale.

Une année riche en nouveaux défis

Je voudrais insister sur plusieurs aspects de la vie de l’association qui me semblent importants pour bien saisir le sens de notre action et la nécessité que chacun d’entre vous nous aide à faire face aux nouveaux défis.

Le premier, c’est la réorganisation des services conduite par le directeur général, Philippe Rix qui a permis d’asseoir cinq pôles fonctionnels distincts : logement, hébergement, social devenu insertion, administration et logistique. Cette organisation très opérationnelle permet de démultiplier les initiatives et d’accroître la réactivité. En un mot cette réorganisation était une condition pour conserver notre « agilité ».

Le deuxième point que je voudrais souligner, c’est notre engagement dans de nouvelles activités. Il s’est manifesté notamment par l’action résolue dans l’aide aux demandeurs d’asile (CADA et CAO en particulier, organisation de la rencontre inter-associative lors de la journée mondiale des réfugiés), la résidence hôtelière à vocation sociale de Lormont « Study Hôtel », l’accompagnement des jeunes de la Maison de la Fondation Julienne Dumeste.

Le troisième point qui a marqué l’année 2017, c’est l’inauguration du pôle social Alfred Daney que nous partageons avec « les Restos du Cœur » et « la Halte 33 » et l’ouverture concomitante du CHRS Marc Cauty. Ce regroupement d’activités complémentaires de trois associations au sein d’une même structure était un beau défi.
Rapport d’activité Diaconat de Bordeaux 2017 Rapport d’activité Diaconat de Bordeaux 2017
Une année d’élections et de changements

Le quatrième point qui mérite d’être rappelé, c’est votre soutien comme adhérents, c’est la passion que manifestent nos équipes de salariés et de bénévoles, c’est l’engagement des personnes accompagnées notamment au sein du conseil consultatif du Diaconat (CCPAD). Bref c’est ce collectif désintéressé et généreux qui préserve la dimension humaine du » Diaconat de Bordeaux ».

Donner un sens au développement du Diaconat de Bordeaux

En 2017, le conseil d’administration, constatant le chemin parcouru, le haut niveau d’activités, la hauteur du budget, le nombre de salariés et de bénévoles permanents ou temporaires a souhaité que le développement ne compromette pas les valeurs fondatrices de l’association.
Pour ne pas être trop long, il est donc important de vous indiquer ce que le conseil d’administration veut impérativement préserver :
     – Préserver l’identité du Diaconat de Bordeaux liée à l’histoire et aux valeurs du protestantisme, son indépendance et sa forte mobilisation de bénévoles.
     – Préserver sa réputation locale de compétence, d’expérience, d’adaptation aux nouveaux défis et d’exigence éthique dans le domaine de l’urgence sociale et de l’insertion par le logement.
    – Préserver la diversité des réponses qu’il apporte dans la lutte contre l’exclusion sociale.
    – Préserver la qualité, la motivation et l’engagement de ses équipes salariées et bénévoles.
    – Préserver sa capacité à promouvoir la reconnaissance des personnes accueillies.
    – Préserver la qualité de ses relations avec l’Etat, les collectivités locales et les acteurs du logement.
    – Maintenir son adhésion à la fédération d’entr’aide protestante (FEP) et à la fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et préserver sa capacité à créer des coopérations et partenariats inter-associatifs.
Pour terminer, je souhaiterais vous livrer ce que me disait, lors du Noël 2017 du Diaconat, une personne que nous commencions à accompagner. Il m’explique qu’il vit dans sa voiture depuis de nombreux mois et me dit : « Si je n’avais pas eu mes chiens, je ne serais plus là aujourd’hui ! »

Oui, l’humanité a démontré par le passé qu’elle était capable de la pire des barbaries qui consiste à assassiner des personnes pour ce qu’elles sont. Elle peut aussi faire preuve d’une indifférence à la souffrance et à la détresse des autres au point de les laisser mourir.
Aidez-nous à poursuivre cette œuvre si indispensable dans la société d’aujourd’hui.

 

Denis Vaultier,
Président du Conseil d’Administration

Rapport d’Activité pour l’année 2017