« C’est important pour moi de travailler dans le logement, ça a du sens »

 

J’ai interviewé Estelle Gibiat, entre deux réunions, le mardi 21 mai 2019 au siège du Diaconat. C’est une femme pleine d’énergie qui mène tout un travail derrière les actions quotidiennes de l’association.

Pendant 2 ans Estelle a été bénévole au Diaconat de Bordeaux, elle a par la suite signé un contrat de travail avec l’association en février 2018. Elle m’explique qu’il était compliqué de réunir tous ces bénévoles ou salariés qui devaient donner de leur temps dans la recherche de logement, le Diaconat de Bordeaux a donc fait le choix de prendre une personne à temps plein spécialisée dans ce secteur.

Estelle est chargée du développement immobilier sur le parc privé, elle établit des partenariats avec les propriétaires, bailleurs, agents immobiliers et promoteurs. Elle se heurte à un marché immobilier où la tension est considérable et où les prix au m2 à la location sont sensiblement élevés et exponentiels d’année en année.

Quand je lui demande si elle a des contraintes dans ses recherches, elle m’explique que « Notre difficulté est d’avoir le bon positionnement en termes de territoire, de localisation du logement pour que la personne puisse bénéficier des transports en commun et en même temps d’avoir un prix au m2 qui permet d’avoir une charge de loyer raisonnablement adaptée »

  • Lorsque vous présentez le projet aux bailleurs, agents immobiliers etc. quelles sont leurs réactions ?
    « Les bailleurs sont plutôt réticents, mon activité consiste à les convaincre, j’essaie d’amener les agents immobiliers à être nos partenaires privilégiés, à être dans une démarche solidaire avec l’état d’esprit qui est le nôtre. Certains propriétaires se manifestent dans cette démarche et nous échangeons régulièrement sur la façon dont le Diaconat de Bordeaux et mes collègues accompagnons les personnes. »
  • Comment définissez-vous les logements que vous devez trouver ?
    « Je réponds aux besoins des différents services, le mois dernier par exemple j’ai eu une demande très forte sur des appartements de type 1 (studio), alors que ce mois-ci j’ai des demandes sur des appartements de type 4, 5 ou 6. C’est une évaluation quotidienne, soit il y a un objectif défini de certaines typologies et dans ce cas je réponds à cette demande, soit des typologies nous sont proposées et la une réflexion est menée pour savoir si ce bien entre ou non dans le patrimoine géré par le Diaconat. »
  • Cela fait quelque temps maintenant que vous êtes au Diaconat de Bordeaux, comment vous sentez-vous ici ?
    « Le Diaconat est une association bouillonnante de projets. Je pense qu’il est essentiel pour moi de travailler dans le logement avec un sens, en effet, chaque fois qu’un logement arrive, derrière il y a une ou plusieurs personnes qui sont dans cette nécessité de se loger. De fait c’est une activité immobilière qui bascule dans des valeurs humaines, c’est ce qui est important et qui représente l’association. »
  • Vous me parliez de valeurs humaines, avez-vous vécu justement des moments forts depuis que vous travaillez ici ?
    « L’exemple récent pour moi c’est un bailleur qui m’a téléphoné pour me demander si la famille se sentait bien dans son appartement. Je suis touchée par certains bailleurs, ils ont le souci du bien être des personnes qui résident dans leurs biens immobiliers. Ils se sentent concernés par le devenir des personnes, certains s’interrogent pour savoir si tout va bien, s’ils sont heureux dans le logement, s’ils se sont approprié l’habitat. Je suis ravie quand ils nous accordent leur confiance. »

« Ma mission terminée, mes collègues prennent le relais »

Il me semblait évident d’interviewer Estelle Gibiat, son travail est indispensable pour l’association. J’ai été ravie d’échanger avec elle, c’est une femme pleine d’énergie, de bonne volonté et qui s’attache à satisfaire le bien être des personnes accueillies.

 

L’interview se termine, Estelle est pressée, elle doit se rendre à une réunion avec des investisseurs et promoteurs pour présenter le Diaconat et ses actions.

Je la remercie encore pour le temps qu’elle a pu m’accorder.

Propos recueillis par Jade Raveau,
stagiaire INFOCOM à l’IUT Bordeaux Montaigne