« Je me sens protégé ici »

J’ai rencontré Charles Château le 15 mai 2019 en fin d’après-midi, c’était une rencontre fortuite et particulièrement intéressante.

 

Charles Château est âgé de 57 ans, il a derrière lui une vie remplie d’expériences. Monsieur Château a beaucoup voyagé pour son travail : passant par Paris, la Mauritanie, le Cameroun ou encore la Nouvelle Calédonie.

Toujours en quête de nouveaux challenges, Monsieur Château a dirigé diverses sociétés, que ce soit dans l’informatique ou encore les technologies environnementales ; il a aussi créé une organisation de soutien aux enfants de la rue pour lutter contre la prostitution infantile au Cameroun. C’est un homme particulièrement actif et persévérant.

Tout s’écroule en octobre 2015, lorsque Charles Château revient en France dans le but de créer une nouvelle société. A cause de mauvaises fréquentations, il voit la totalité de son argent s’envoler du jour au lendemain.

C’est à la fin de l’année 2015 que Monsieur Château vient s’installer à Bordeaux et il trouve facilement du travail sur le chantier d’un musée bordelais, cependant pour plusieurs raisons il se voit licencié quelque temps plus tard. Dans l’urgence il rencontre le Diaconat de Bordeaux sur sa route, il est accueilli et accompagné dans sa demande de RSA.

En mauvaise santé, Charles Château est reçu dans un CMP (Centre médico-psychologique), à la suite de cette hospitalisation, il se retrouve à la rue, il fait quelques missions d’intérim pour survivre.

Courant 2017, les hospitalisations s’enchainent. Fin septembre 2018, il se retrouve aux urgences de l’hôpital psychiatrique. Il décide alors de rester hospitalisé là-bas le temps que les médecins trouvent la cause de ses problèmes. Au bout de 6 mois et demi d’hospitalisation le diagnostic est posé, Charles souffre d’un traumatisme crânien qui n’a jamais été soigné, ce qui lui vaut des montées d’adrénaline entraînant une perte de conscience, et qui génèrent des défauts d’analyse, un traitement est alors mis en place.

C’est en avril 2019 qu’il est accueilli à Noutary.
Quand je lui demande comment il se sent là-bas, Charles me répond qu’il se plaît relativement bien, il est très bien accompagné et l’encadrement est génial, « je me sens protégé ici ». En me souriant, il m’explique que le plus compliqué dans ces espaces qui l’accueillent reste la cohabitation « tout le monde n’a pas la même façon de vivre en communauté, certains prennent en compte ce facteur, d’autres non ».

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JR : Depuis que vous êtes accueilli à Noutary, comment se passe votre quotidien ?

« Depuis quelque temps je me suis remis au sport, je regarde les missions d’intérim, je me repose beaucoup aussi, le temps de prendre mes marques ici, mais aussi de m’habituer aux traitements que je prends. »

 

JR : Après tout ce parcours comment envisagez-vous l’avenir ?

« J’ai pris la décision de tenter quelque chose de nouveau, je suis actuellement dans une démarche de reconversion professionnelle en tant qu’ambulancier. La formation débute en septembre 2019, j’espère que ça se fera rapidement car je voudrais rester le moins longtemps possible ici »

 

JR : Cela fait peu de temps que vous êtes à Noutary, mais auriez-vous une anecdote à me raconter ?

« Il y a un truc qui est marrant, là où je suis il y a beaucoup de personnes d’origine maghrébine qui ne parlent pas très bien français, à table ils en profitent pour régler leurs problèmes administratifs en arabe avec Mohamed, l’animateur de la structure, et c’est très drôle car on se croirait dans un autre pays, on a l’impression de voyager, c’est vraiment rigolo comme truc et très intéressant »

 

JR : Vous pourriez me décrire le Diaconat en quelques mots ?

« Le Diaconat, il y a 2 adjectifs qui les caractérisent, humain et efficace, ce qui est extraordinaire avec ces personnes c’est que ce sont des gens qui ont énormément d’empathie et qui tiennent leurs engagements. »

 

JR : Vous parliez des personnes rencontrées au sein du Diaconat, avez-vous fait une rencontre particulièrement marquante ici ?

« Khédi (1) sans hésitation, c’est une femme géniale et qui met son cœur à l’ouvrage et Madame Magne (2) aussi, à chaque fois que j’ai eu des contacts avec elle, elle s’est montrée très efficace, c’est très important pour moi »

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L’interview se termine dans une agréable atmosphère, je remercie encore Monsieur Château pour le temps consacré à ce projet, c’est un homme étonnant.
J’ai été ravi de pouvoir échanger avec lui.

 

Propos recueillis par Jade Raveau,
stagiaire INFOCOM à l’IUT Bordeaux Montaigne

 

(1) Khedidja Boussely est référente de parcours au service Accueil social, elle travaille au pôle Insertion.

(2) Julie Magne est directrice du pôle Insertion.