Le Diaconat, du caritatif au Service social

Des racines protestantes et une œuvre au bénéfice de tous

« Les racines du Diaconat de Bordeaux sont fondamentalement protestantes mais son œuvre s’accomplit au profit de toutes les personnes en difficulté, sans aucune distinction. »

Il me paraît important de rappeler sans cesse autour de nous ce qu’est le « Diaconat de Bordeaux ».
Le grand public bute encore sur le nom de « Diaconat » qui renvoie pour beaucoup à du « religieux » et au christianisme mais pas au rôle historique d’aide aux plus défavorisés assuré par les diacres et diaconesses protestants. L’activité diaconale à Bordeaux, a été reconnue dès 1805 par la société de bienfaisance de l’Eglise réformée de Bordeaux.
Le Diaconat de Bordeaux n’est pas une association cultuelle mais une association à but non lucratif régie par la Loi de 1901. Le « Diaconat de Bordeaux » a été déclaré le 27 janvier 1906 après que la Loi de 1905 de séparation des églises et de l’Etat ait fait obligation de distinguer les deux types d’association. Son but est « d’apporter aide et accompagnement à des personnes ou des groupes en difficulté ».
En résumé, les racines du Diaconat de Bordeaux sont fondamentalement protestantes mais son œuvre s’accomplit au profit de toutes les personnes en difficulté sans aucune distinction.

Les statuts de l’association rappellent cette double exigence en invitant, premièrement, tous les membres de l’Eglise réformée (aujourd’hui Eglise protestante unie) de Bordeaux à s’intéresser au Diaconat et à s’engager dans ses activités, en réservant, deuxièmement, les deux-tiers des postes d’administrateur aux membres de l’Eglise réformée et en fondant, troisièmement, son action sur le message biblique et sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Aujourd’hui cette double exigence se traduit de plusieurs manières.
Tout d’abord, il convient de noter que le Diaconat adhère à deux fédérations nées après la seconde guerre mondiale : La première a des racines protestantes : « la fédération de l’entr’aide protestante » (FEP) qui a regroupé toutes les composantes de la Diaconie protestante, l’autre a ses racines dans le mouvement social : « la fédération des acteurs de la solidarité » (ex-FNARS) qui regroupe près de 900 associations de solidarité. Cette double adhésion illustre bien la volonté du Diaconat de Bordeaux de respecter ses racines et de participer aux politiques sociales mises en œuvre aujourd’hui par l’Etat et les collectivités locales.
Ensuite, nos activités ne cessent de se développer pour répondre à l’augmentation des situations précaires dans notre pays et à la détresse des personnes déplacées du fait des guerres ou de la tyrannie sévissant dans certains pays. Ainsi, le conseil d’administration autorise l’engagement des services chaque fois qu’il pense que l’activité proposée entre bien dans l’objet de l’association et que les services en ont la capacité. Le siège du Diaconat de Bordeaux est situé 32 rue du Commandant Arnould dans des locaux dont la Commune de Bordeaux est propriétaire et dont le Conseil presbytéral de l’Eglise protestante unie assure la gestion. Cette proximité des instances de l’Eglise est une chance et un magnifique symbole. C’est pourquoi, le Diaconat de Bordeaux, bien que contraint par son développement de trouver de nouveaux locaux pour certains de ses services, maintiendra l’association et la direction générale des services dans l’ombre du temple, au centre-ville.

Enfin, dans cette belle tradition protestante de l’engagement social, le Diaconat de Bordeaux accueille des bénévoles venant de tous les horizons. Il est important de préserver une des singularités de notre fonctionnement qui s’appuie à la fois sur des salariés très engagés et sur des bénévoles expérimentés. Cela nécessite des efforts en matière de recrutement et de formation que le Diaconat n’hésite pas à consentir. Chacun s’applique à faire vivre le Diaconat en respectant l’esprit des fondateurs, tout en s’adaptant aux exigences d’aujourd’hui (l’hygiène, la sécurité et l’équilibre économique par exemple) et à la nécessité de développer des partenariats avec d’autres associations de solidarité, de culture protestante ou non (Foyer fraternel, Halte 33, Restos du cœur ou Soliha, par exemple).

En conclusion, le Diaconat de Bordeaux puise dans ses racines protestantes, la force de son engagement au bénéfice de toutes les personnes en difficulté, sans aucune distinction, avec des salariés et des bénévoles de toutes origines.

 

Par Denis VAULTIER,
Président du Diaconat de Bordeaux