Le Service Accueil Social du Diaconat de Bordeaux a appris à s’adapter à toutes les circonstances !

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Aujourd’hui est un grand jour : Monsieur B., suivi de manière assez épisodique par notre service depuis environ dix ans sans que sa situation évolue beaucoup, a décidé de prendre les choses en main pour essayer de mettre fin à son problème d’addiction, qu’il traîne depuis des décennies – un problème de santé parmi d’autres, pas moins graves d’ailleurs…

                Petit problème matériel : Monsieur B. ne se déplace jamais sans son petit chien, qui ne supporterait pas une longue absence de son maître. Au Diaconat, il y a une règle : les chiens ne sont pas reçus dans la salle où ont lieu les entretiens et doivent rester sur le perron, attachés à la balustrade. Mais Monsieur B. refuse de laisser son chien sans surveillance, car il a déjà failli se le faire voler par deux fois… et aujourd’hui, il fait très chaud, Monsieur B. n’a pas son blouson ; il ne peut donc pas cacher son petit chien dedans pendant l’entretien avec sa référente.

                Que faire, pour que la discussion si importante qui s’annonce aujourd’hui puisse se dérouler dans les meilleures conditions ? Monsieur B. accepte – à grand peine ! – de laisser son chien à la garde de la personne qui est à l’accueil et l’entretien peut commencer. On entend de loin le chien « pleurer », l’agent d’accueil vient nous informer qu’il pense que le chien a soif. Monsieur B. sort pour lui donner à boire, puis revient. La discussion se poursuit, on a bonne chance d’obtenir un rendez-vous au Pôle addictologie, et de plus on va enfin pouvoir déposer le dossier de demande d’AAH (cela fait environ cinq ou six ans qu’on en parle) !

                On sort, on se dit au revoir, on retrouve le chien, choyé par les salariés qui sont sur le perron. Monsieur B. a oublié son sac dans la salle, que faire, il a déjà détaché le chien ?… La référente prend la laisse, Monsieur peut s’éloigner, tranquille. Le revoilà sur le perron, une dernière petite écuelle d’eau au chien, puis il prend congé, non sans avoir échangé auparavant sur la race du chien, les circonstances qui l’ont conduit à le recueillir, etc.

                La confiance a été gagnée, Monsieur B.  a senti que les membres du Diaconat ont compris la place que prend son chien dans son existence, avec tout ce que cela implique de soins particuliers,…

Autant de conditions réunies, pour que Monsieur ait envie de revenir,  pour que notre service l’aide à mener à bien son projet de vie et de santé, étape indispensable avant d’autres démarches indispensables aussi dans l’avenir.

                L’accompagnement social passe parfois par de petits détails insignifiants, emprunte d’autres fois des voies impénétrables, le tout est de savoir trouver le bon positionnement, aujourd’hui en tout cas, nous avons su trouver la souplesse nécessaire au bon moment !