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Les demandeurs d’asile

Nouvelle recrue au sein de l’Association, je suis chargée d’accompagner les demandeurs d’asile orientés dans une nouvelle structure en cours d’inauguration par le Diaconat de Bordeaux : un Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asile (CADA). Alors que le parc locatif du dispositif se développe, l’équipe découvre les procédures propres à ce public exilé, des relations avec les administrations au sujet de la demande d’asile, au soutien à la scolarisation et au suivi sanitaire. Notre CADA doit accueillir 80 personnes dont un cinquième sont des personnes isolées. Les bailleurs sociaux, et également un bailleur privé, ont répondu présents, et à ce jour nous disposons de dix-sept logements recensés sur l’ensemble de la Métropole, chacun pouvant héberger deux à huit personnes. Neuf de ces logements se situent à Bordeaux, un à Floirac, un à Mérignac, un à Talence, un à Pessac, deux à Eysines et deux à Cenon.

Les salariés que je rejoins sont d’ores et déjà habitués à ce type de démarches depuis que le Centre d’Accueil et d’Orientation (CAO) a ouvert ses portes à la mi-mai. Ce centre, que j’ai pu découvrir en m’y investissant, a pour vocation de désengorger la jungle de Calais, au bord de l’asphyxie avec plus de 7000 personnes (sur)vivant dans le bidonville.

Face à cette situation insoutenable, les CAO, au départ, éphémères, ont tendance à se pérenniser, avec de nouvelles places à créer au niveau national et une prolongation d’ouverture pour notre centre. Nous y accueillons actuellement 6 familles et 4 personnes isolées. Tous sont des demandeurs d’asile, que nous accompagnons au quotidien. Des familles arrivent, d’autres partent, les délais ne sont jamais les mêmes et nous sommes dépendants des places en CADA au niveau national. Une famille de 7 personnes vient par exemple de quitter le CAO pour un CADA à Agen, et nous avons accueilli récemment un couple composé d’une femme somalienne et d’un homme érythréen. Nous avons de plus été très heureux de célébrer la naissance d’un petit Lucas au sein d’une famille irakienne déjà présente.

Ce travail, au-delà d’être enrichissant sur le plan personnel, permet de prendre du recul sur beaucoup de problématiques et de polémiques qui nous entourent actuellement. Chacune des personnes que nous recevons a été contrainte de fuir son pays pour chercher refuge face à une situation dramatique, que ce soit la folie meurtrière de Daesh et des Talibans (il est toujours bon de se rappeler que les premières victimes de ces groupes sont et resteront les musulmans), tout comme les persécutions incessantes commises à l’encontre des personnes en raison de leur appartenance nationale, ethnique, religieuse, de leurs convictions ou choix personnels, etc.

Ces personnes, par leur dynamisme et leur volonté d’intégration, représentent une véritable richesse et il est important que la France en prenne toute la mesure et s’investisse davantage, l’Etat comme les citoyens. Les politiques auxquelles nous contribuons sont donc indispensables pour offrir aux personnes exilées un accueil en France, dans la dignité.

Je suis heureuse et fière d’avoir été embauchée par le Diaconat de Bordeaux pour poursuivre cette mission qui me tient particulièrement à cœur, comme au reste de l’équipe. La mise en place du CADA avance à grands pas et nous avons hâte d’accueillir des personnes dans ce nouveau lieu de vie !

 

Morgane Raguenet-Pré

Juriste au CADA