L’urgence sociale et les problèmes de santé

Difficultés auxquelles l’équipe du CAU Trégey a été confrontée durant l’accueil d’un résident sortant d’hospitalisation, positionné sur une place SAMU SOCIAL le week-end du 23 au 25/09/16

 

Cette situation est un exemple concret, qui pose la question de la transition entre les prises en charge médicales des personnes en situation de vulnérabilité et leur accueil sur les structures d’hébergement d’urgence de l’agglomération bordelaise.

Mr Z est un homme âgé de 72 ans qui sort d’hospitalisation. Lors de la réunion Santé précarité du vendredi 23 septembre réunissant des partenaires de l’urgence sociale et de la santé sur Bordeaux, l’équipe du SAMU Social informe les salariés de Trégey présents qu’elle positionnera Mr Z sur l’une des places qui leur sont réservées pour le week-end du 23 au 25 septembre. A ce moment-là, l’équipe du SAMU social n’a pas rencontré MR Z et a été informée de sa grande vulnérabilité par un service hospitalier où il était pris en charge. Cependant elle décide, en accord avec les salariés du CAU Trégey, de positionner Mr Z à Trégey car les places dont dispose le SAMU social à son local, sont déjà occupées pour le week-end.

Mr Z arrive vers 20h30 en ambulance au CAU Trégey. Monsieur a des problèmes médicaux importants : Il est mal voyant, diabétique et insulino-dépendant. Il arrive avec une ampoule d’insuline et une ordonnance d’une dizaine de médicaments. Nous apprenons à ce moment-là, en consultant les documents remis à Mr Z à sa sortie d’hospitalisation, qu’il a besoin de soins infirmiers trois fois par jour. Aucun soin infirmier n’est programmé pour le lendemain et Monsieur ne dispose pas de son traitement. A cette heure là, l’infirmière du CAU Trégey qui est présente trois soirs par semaine a fini son service. L’équipe de Trégey ne dispose pas d’une personne ayant des connaissances médicales pour évaluer la situation.

Devant cette situation critique d’un point de vue médical, un membre de l’équipe du CAU Trégey contacte le SAMU Social pour les informer de la situation. Une équipe du SAMU Social, composée d’une infirmière et de deux travailleurs sociaux, vient évaluer la situation. L’infirmière constate que Monsieur est effectivement très mal voyant et qu’il a beaucoup de difficultés à se repérer dans l’espace. L’équipe du SAMU social récupère l’ordonnance de Monsieur pour aller chercher les médicaments dont il a besoin dans une pharmacie de garde. Elle repassera porter le traitement plus tard dans la soirée.

En parallèle, un membre de l’équipe du CAU Trégey réussit à contacter une infirmière libérale qui pourra passer effectuer les soins le lendemain dès 7 heures.

L’accueil de ce résident a été problématique à plusieurs niveaux. En effet, le manque d’informations transmises aux équipes du CAU Trégey et du SAMU social concernant la situation, a conduit les professionnels à agir dans l’urgence, afin que les soins et traitements de Mr Z soient assurés.

D’autre part les problèmes de vision de Monsieur ont été très problématiques pour l’équipe du CAU Trégey durant le week-end. En effet, les locaux ne sont pas adaptés aux problèmes de vision de Monsieur, la chambre du SAMU social se trouvant à l’étage avec pour seul accès un escalier. D’autre part, la structure ne disposait pas des moyens humains, pour assurer l’accueil et le maintien en journée d’une personne ayant ces problèmes de santé. En effet, en soirée, quatre agents d’accueil et une maîtresse de maison sont présents au quotidien pour assurer la prise en charge des 60 personnes accueillies. En journée de 9h à 14h, une seule maîtresse de maison est présente pour assurer les tâches d’entretiens et le repas des dix résidents maintenus en journée. Du fait des tâches qui leur incombent, les salariés du CAU Trégey n’avaient pas les moyens d’assurer une vigilance suffisante pour une personne ayant une grande difficulté de vision. Ce qui a occasionné chez l’équipe salariée une grande inquiétude concernant la sécurité de Mr Z.

Cet exemple illustre le fait que l’équipe du CAU Trégey n’a pas les moyens d’assurer l’accompagnement de personnes ayant de sérieux problèmes médicaux nécessitant une plus grande attention que les résidents habituels.

 

Etienne B.

Stagiaire Éducateur Spécialisé.