Sarah B., résidente au CHRS de Mamré

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Dans une chambre bien rangée, je suis accueilli par Sarah B., une femme âgée de 36 ans, de taille moyenne et aux cheveux ornés d’une atéba. A travers ses discours, celle-ci dégage une énergie positive et démontre une personnalité touchante.

 

« Je voudrais passer à autre chose, travailler dans le social »

Native de Sedan, Sarah a parcouru un certain nombre de destination dont Calais, Lille (pour la fac), Saumur et Anger avant de découvrir la Réunion où elle a vécu 9 ans. Puis, elle s’est installée près de Bordeaux pour se rapprocher de son fils vivant avec son père dans les environs d’Arcachon. Ne possédant que le baccalauréat, elle a travaillé dans les domaines de la restauration, de la radio (standardiste) et de la vente. En outre, elle tente de se reconstruire professionnellement par le moyen d’une formation qualifiante. Sandra veut désormais se réorienter afin d’exercer un métier qui la passionne et qui  l’anime depuis quelque temps, relatif au social et l’aide à la personne. « Je voudrais passer à autre chose, travailler dans le social, l’aide à la personne donc c’est pour cela que je suis passée par le biais d’une assistante sociale, pour me reconstruire en fait. Je suis partie sur une voie qui ne me correspond pas donc je voudrais trouver ma voie ». « Je ne pourrai pas repasser un bac + 3,  ou je ne pourrai pas rattraper ma jeunesse c’est sure, mais je pourrai peut être passer une formation qualifiante qui puisse m’apporter un métier jusqu’au bout et qui me plait ».  

 

« C’est comme un rumicube, il faut remettre les pièces en place. Donc là, je suis en plein rumicube»

A son retour de la Réunion et notamment suite à l’interminable séparation avec son fils, elle déclare « être en stagnation, car je ne sais plus dans quelle voie partir ». Après 6 mois à la Halte de Nuit, elle a été orientée au CHRS Mamré par l’intervention d’une assistante sociale du CIAO. Aujourd’hui, elle considère le CHRS Mamré comme une opportunité qui lui permettra  d’évoluer. « J’ai une opportunité de pouvoir avancer, voilà, c’est une opportunité pour moi. Et de trouver des gens qui puissent vous aider, car les gens ne sont généralement pas là pour vous aider. C’est comme un rumicube, il faut remettre les pièces en place, donc là je suis en plein rumicube ». Bien qu’elle se considère comme relativement autonome, elle peut toujours solliciter l’aide des travailleurs sociaux du CHRS pour réaliser certaines taches quotidiennes ou encore pour effectuer certaines démarches administratives (dossiers comme la CAF ou le surendettement).

 

« Le CHRS Mamré est une bonne école »

Sandra considère que le CHRS Mamré est « une bonne école, pour apprendre à gérer les gens, apprendre sur soi, à ne pas s’enflammer car il peut y avoir des tensions ». Souffrant de paranoïa et d’impulsivité, ses conditions de vie se sont améliorées car elle a pu consulter des professionnels ainsi que des spécialistes grâce à l’implication des travailleurs sociaux. Dans l’optique d’optimiser le CHRS, elle suggèrerait  de réaliser plus d’animation (soirées à thème) afin d’améliorer les rapports humains et la valorisation de chacun. Par ailleurs, au regard de son avenir elle aimerait que sa formation aboutisse pour trouver un métier et avoir un « petit chez soi ». « Je veux une vie basique, normale et que mon fils puisse avoir un pied à terre pour qu’il ne se retrouve jamais à la rue. Je veux qu’il ait des repères dans la vie, qu’il puisse venir chez moi, et qu’il soit bien avec sa maman ». Comme toute mère, Sandra désire le bonheur de son enfant. L’équipe du Diaconat espère que son passage au CHRS Mamré lui permettra de concrétiser ses ambitions et ses espoirs pour qu’elle puisse finalement mener la vie qu’elle souhaite auprès de son fils.